jeudi 10 janvier 2013

Les services municipaux – coûts et ce qui en découle


L’idée de se post m’est venu d’une conférence qui s’est tenue au CIRANO en mars dernier.  On y retrouvait plusieurs conférenciers discutant du problème des municipalités à arriver à l’équilibre budgétaire depuis la crise économique de 2008.  En effet, si d’un côté les maisons étaient surévaluées justifiant un taux de taxation plutôt bas, la bulle immobilière ayant éclatée, les municipalités se retrouvent avec des villes à entretenir avec des revenus plus bas.  J’aimerais d’abord présenter ce phénomène puis discuter du caractère « essentiel-public » des services municipaux.  Je commenterai dans un autre post le marché du travail spécifique aux cols bleus.

Le problème auquel fait face les municipalités américaines est celui du déséquilibre budgétaire.  Les services municipaux sont généralement les services d’aqueduc, d’entretien et de réfaction de routes, de gestion des déchets, du transport en commun, de la sûreté, des bibliothèques et centre civiques et du déneigement dans les régions plus au nord.  Il existe bel et bien une relation entre l’augmentation de la population d’une ville et l’augmentation des services : plus il y a de maisons, plus la ville doit offrir des services sur une plus grande superficie, mais elle récolte également plus de revenus.  Si le taux de la taxe municipale sur la valeur des maisons est bien fixé, la ville devrait généralement arriver à l’équilibre budgétaire.  Cette relation bien simple est toutefois bouleversée lorsque la valeur des maisons est sujette à une bulle spéculative.  Un tel phénomène n’étant pas observé méthodiquement par les autorités municipales, celles-ci pourraient prendre de décisions « dangereuses ».  En effet, une réduction des taux par exemple, pour des raisons politiques pourraient avoir lieu si les surplus s’enchaînent.  De telles décisions seraient regrettables si la valeur des maisons en venait à chuter.  Les services seraient toujours nécessaires mais les revenus à la ville insuffisants pour les financer.

Une telle problématique aux États-Unis rappelle le concept d’équité intergénérationnel évoqué entre autre par Éric Duhaime.  Ce n’est pas parce qu’un gouvernement affiche des surplus budgétaires pendant des années qu’il doit réduire les taux d’imposition.  Des conjonctures favorables permettent de rembourser les dettes contractées pendant les mauvaises années.

Si j’ai exagéré mon exemple en utilisant la réduction du taux de taxes municipales plus haut, je pense qu’on peut s’entendre que la crise à elle-même a provoqué les déséquilibres budgétaires municipaux.  Il est également possible de comparer une valeur des maisons élevées justifiant des surplus budgétaires à un hiver sans neige à Montréal…

Je veux maintenant discuter du caractère « essentiel » des services municipaux.  Si les débats des dernières années concernant l’inclusion du privé dans les services de soins de santé ou la hausse des frais de scolarité pour les études universitaires ont mis en question la pertinence de l’État dans certains secteurs où il est impliqué, il ne fait aucun doute que les routes ne peuvent être construites par des particuliers…  La sécurité des citoyens pourrait être assurée par des entités privées mais il est très logique de confier cette responsabilité à l’État.  D’autre part, les bibliothèques et centres civiques ne représentent qu’une petite partie d’un budget municipal.  C’est pourquoi j’attribue aux services municipaux le caractère de « essentiel-public » : ils ne peuvent être gérés que par l’État.  Les impôts municipaux sont très pertinents, et la valeur de cette taxe est justifiée si les fonds publics sont bien gérés.

J’aimerais parler dans un prochain post de la dominance des cols bleus de la Ville sur le marché du travail.