mardi 18 décembre 2012
Les téléphones intelligents : objets de luxe?
Mon père, professeur en génie électrique à l'École Polytechnique de Montréal ne possède pas de téléphone cellulaire. Il a déterminé qu'il n'en avait pas besoin. Il y a 20 ans, personne n'en avait besoin (vous en êtes bien sûr au courant). L'innovation du téléphone de base nous a amené aujourd'hui à posséder dans le fond de notre poche un appareil qui permet de gérer nos courriel, de nous orienter où que nous soyons, de prendre des photos, d'écouter de la musique, de surfer sur le web, etc. Il permet aussi de faire des appels... Ces appareils sont attrayants, mais coûte très chers. Si vous n'aviez pas l'opportunité de vous procurer un téléphone gratuitement en souscrivant à un service téléphonique, achèteriez-vous un téléphone à 800$? Les compagnies de téléphonie ont bénéficié du marché d'un bien qui est inutile sans le paiement mensuel d'un service. Un tel bien est très propice à la structure de contrat.
Mon commentaire ici est de discuter si l'augmentation de la proportion d'utilisateur de téléphones intelligents augmente parce que les consommateurs ont besoin de gérer leur courriel, leur réseau sociaux, ou de prendre des photos ou parce que les téléphones plus chers assurent des forfaits mensuels plus chers et que les compagnies de téléphonie ont avantage à n'offrir que ces téléphones. Est-ce que cette proportion augmente parce que la demande augmente, ou bien parce que l'offre augmente (et l'offre de téléphone de base diminue)?
Je me permets de faire un parallèle entre l'entrée en marché des téléphones cellulaires de base suivie d'une hausse des tarifs des téléphones publics et l'entrée en marché des téléphones intelligents suivie d'une diminution de l'offre de téléphones cellulaires de base. Si le coût marginal des téléphones publics n'a certainement pas doublé pour expliquer le passage du 25 sous aux 50 sous par appel, je questionne si la demande pour les téléphones de base a réellement baissé. Combien de gens se sont procurer un téléphone cellulaire lorsqu'appeler d'une cabine coûtait deux fois plus cher? Je fais partie de ces gens et je soupçonne Bell d'avoir délibérément opérer cette hausse de prix pour amener les consommateurs à substituer le 50 sous/appel pour un téléphone cellulaire. Le consommateur qui ne cherche pas un téléphone intelligent parce que ces besoins ne sont qu'appels et messages textes, mais qui cherche un appareil au design attrayant est actuellement très mal servi.
Cette diminution d'offre n'est certainement pas qu'opérée par les fournisseurs de service mobile mais par les fabricants de téléphones cellulaires. Le véritable coût des téléphones intelligents réside dans le R&D. Une fois que le téléphone est conçu, pourquoi continuer à produire des téléphones de base si on peut vendre plus cher un produit de meilleur qualité à la place. Le concept de qualité qui amène effectivement les employés à être plus productifs est différent pour le consommateur. Celui-ci y perd possiblement son compte.
Il est impératif que les gens d'affaires gagnent en productivité lorsqu'ils ont accès à leurs courriels en tout temps. Je questionne toutefois la pertinence de posséder pour un consommateur un téléphone intelligent. Mon texte ne présente que la possibilité du contrôle de l'offre par les fournisseurs de service téléphonique, mais le bon marketing des téléphones intelligents est probablement à la source d'une modification des "besoins" des consommateurs. Si vous vous déplacez et avez peur de vous perdre, prenez des notes. Si vous voulez enregistrer un vidéo ou prendre des photos, faites-le avec une caméra, qui sera probablement encore bonne dans 3 ans. Le téléphone cellulaire a amené la téléphonie à un autre niveau, je ne remets donc pas en question sa pertinence quant aux appels en tout lieu. C'est pourquoi je pense que s'il est difficile de renoncer à un téléphone cellulaire, mais que renoncer à un téléphone intelligent est plus facile.
Je crois finalement que la proportion d'utilisateur de téléphone intelligent augmente, parce que les consommateurs en demande plus (à tort ou à raison), mais également parce que les fournisseurs de téléphones ont augmenté leur offre et réduit celle de biens substitut qu'est le téléphone de base.
mardi 14 août 2012
La campagne électorale - Le Parti Libéral du Québec
jeudi 24 mai 2012
L'économie du sport
Comme les soins de santé sont de plus en plus coûteux avec le vieillissement de la population, il serait peut-être optimal de procéder par prévention comme ce l'est dans le cas de l'environnement. Les maladies cardio-vasculaires sont l'une des principales causes de mortalité au Canada, tellement qu'un médecin que je ne citerai pas a déjà apparemment dit: les gens devraient recommencer à fumer, il mangerait moins et l'obésité disparaîtrait. C'est sur ce ton donc que je lance l'idée d'un programme d'activité physique faisant parti intégrante de la vie quotidienne. Faire du sport au moins Xh à chaque jour pour tout le monde.
Il est vrai que d'une part, le nombre de blessures reliées au sport serait peut-être important mais les gens seraient plus énergiques. Les gens seraient motivés. Je ne connais pas tous les bienfaits de l'activité physique et quelle est l'intensité optimale du sport dans une journée, mais je crois qu'un monde qui tourne autour de ça ne peut que mieux se porter.
À suivre...
vendredi 18 mai 2012
Le "nouveau" stade Saputo
Le gouvernement provincial a agit correctement dans la mesure où il a été équitable sur le plan horizontal. L'équité horizontale signifie que les projets similaires sont traités de la même manière. Autant le stade Percival-Molson de l'Université McGill a bénéficié d'une subvention gouvernementale de 14M de dollars lors des travaux d'agrandissement en 2010, c'est maintenant 23M que le gouvernement s'engage à investir. En comparant le montant investit, on peut dire que l'état a été constant dans ses décisions.
Pour le stade de football, l'investissement public représentait 60% des coûts totaux alors qu'il n'est que de 46% pour le stade Saputo. Cet écart se justifie parce que le stade de Percival-Molson est partie intégrante du campus de McGill, et donc qu'il ne bénéficie pas seulement à un club professionnel comparativement au stade de soccer qui appartient à la famille Saputo.
D'autre part, la décision semble assez douteuse de la part du gouvernement puisqu'encore une fois, le stade olympique, qui a coûté si cher à construire aurait pu être un endroit idéal pour que l'Impact y dispute ses matchs. Le gouvernement a plutôt encouragé la construction d'un bien substitut à un stade qu'il louait et donc engendrait des revenus à l'État. Il est évident que le stade olympique ne fait pas l'unanimité en terme d'architecture, reste qu'il est un des symboles de la ville de Montréal et que l'arrivée d'un club de soccer dans la plus important ligue en Amérique du Nord aurait pu être une excellente opportunité de retaper l'image d'une bâtisse qui n'aura qu'à présent la seule fonction d'accueillir le Monster Spectacular. Peut-être que les coûts de location du stade étant trop grands, Joey Saputo aurait choisi de simplement aller jouer dans son stade. Mais pourquoi le gouvernement l'encourage-t-il?
Dans la mesure où le gouvernement subventionne la construction d'un bien qui substitue l'exploitation d'un stade qui lui rapportait des rentes, je crois qu'une telle décision n'était pas très éclairée. Imaginez-vous assister à un match de l'Impact, à la mi-juillet en soirée, dans un stade olympique sans mat...
Cependant, comme nous le savons tous, en période de crise économique, il est important d'investir dans les infrastructures. C'est l'un des ingrédients magiques pour une reprise mais l'État a la fâcheuse habitude de sortir de son champ de responsabilité comme les routes, les ponts, les édifices publics pour investir dans les stades sportifs. Si ceux-ci ne sont pas exploités à des fins privés, on peut comparer un tel investissement à celui fait dans une bibliothèque: être actif n'est-il pas aussi important que d'être érudit et cultivé? Je constate qu'un 23M est un investissement modeste et c'est sur ce plan que je félicite le gouvernement. Il se devait d'être conséquent et de traiter tous les projets de la même manière, que ce soit un stade de soccer ou de football.
Peut-être que le sport professionnel n'encourage pas seulement les gens à s'asseoir, regarder la télé et boire une bière, mais incite les jeunes à aller jouer dehors pour devenir comme leurs idoles. J'y crois quand on parle de soccer, mais pas de hockey, la culture des deux sports étant bien différente!
mercredi 16 mai 2012
Courchesne pourra-t-elle faire la différence?
Comme certains observateurs l'ont soulevé, la grande majorité des étudiants québécois ont terminé leur session d'hiver et la grogne qui se fait entendre est maintenant un mouvement de contestation contre le parti Libéral qui, on doit le dire, a mis les pieds dans la plats en matière de corruptions et de conflits d'intérêt. La gestion de la crise dans les milieux de la construction et des garderies subventionnées a effectivement soulevé des questions. Si on peut se réjouir d'une conscientisation politique de la part des jeunes québécois, on ne peut espérer qu'ils ne votent en plus grand nombre aux prochaines élections. Le conflit ayant aboutit dans un cul-de-sac, la démission de Lyne Beauchamp veut à mon sens tout dire dans la mesure où elle était impuissante face à ce qui se déroulait devant elle.
D'une part, les mouvements étudiants qui ne sont pas encore retourné en classe n'abdiqueront pas devant n'importe quelle offre; elle doit leur en donner beaucoup! D'autre part, Raymond Bachand, le ministre des finances du Québec doit allouer les ressources dans les différents secteurs publics québécois afin d'optimiser notre bien-être commun présent et futur. Le gouvernement libéral a déterminé que dans la conjoncture économique actuelle, les choix doivent stabiliser notre économie et assurer des rentes futures. Ce choix passe entre autre par le Plan Nord, projet qui se veut une des réalisations les plus importantes du gouvernement de Jean Charest. Après l'instauration d'un impôt forfaitaire sur la santé dans le budget 2010, c'est au tour du secteur de l'éducation d'encaisser les coupures avec une hausse anticipée dans les 5 (7?) prochaines années.
Le rôle traditionnel du ministre navigue entre tirer le plus de ressources possibles des impôts pour les injecter dans son ministère et de respecter l'orientation du parti dans ses politiques. Si Lyne Beauchamp n'a pu régler le conflit, c'est peut-être parce que les politiques libérales ne le permettaient pas. Elle a également eu beaucoup de difficulté à expliquer les détails et la raison de la hausse.
Michelle Courchesne, qui semble avoir plus d'influence dans le caucus Libéral doit maintenant jouer le rôle de bonne communicatrice entre les deux partis. Même si la décision revient au gouvernement, il est nécessaire que les étudiants comprennent le pourquoi du choix. Cette décision du premier ministre montre encore une fois que Jean Charest est un excellent stratège: si le passé de madame Courchesne semble louche, la placer dans cette position ne pourra que détourner l'attention. Si le conflit étudiant se termine alors qu'elle est ministre de l'éducation, on ne se souviendra plus de la ministre de la famille qui a donnée des permis de garderie subventionnée à des donateurs libéraux mais de la femme de fer qui a réussi un tour de force en mettant fin à ce conflit étudiant historique (et si elle ne règle rien, devra-t-elle démissionner, amenant avec elle les apparences de conflits d'intérêt?).
mercredi 25 avril 2012
Du pain et des jeux - Du Colisée de Rome au nouveau Colisée de Québec
Des projets comme ceux-là sont à mon avis inquiétants lorsqu'on pense que le Québec possède un ratio dette/PIB de 94%, un chiffre extrêmement alarmant. Ils me font penser aux demandes des citoyens de l'Empire romain qui bien installés à Rome, vivaient des rentes des nouvelles conquêtes et devinrent un peuple oisif ("Du pain et des jeux!"), ce qui mena à leur déclin. Alors que nous sommes bien installés en Amérique du Nord, on peut se permettre des luxes comme la construction de stades, mais pourquoi devrait-on passer par l'État pour cela? La réponse est que le rôle de l'État est très mal défini aujourd'hui. Si cette institution a d'abord été crée pour gérer le commerce entre territoires (la seule levée de taxe se faisait aux douanes), elle représente de nos jours, sur le plan économique, un rôle beaucoup plus grand en assurant la redistribution de la richesse, par des transferts, mais également par des services de soins de santé, des routes et des ponts, des services d'éducation primaire, secondaire et universitaire accessibles à tous (et représente plus de 30% du revenu des citoyens).
La construction d'amphithéâtre afin d'attirer un club de hockey professionnel me dépasse largement parce qu'en plus de ne pas être une richesse partagée par tous les Québécois (les gens de la ville de Québec en profiteront beaucoup plus), il s'agit d'un projet qui n'a que des intérêts privés. Comme je l'ai écrit dans un de mes posts précédents, le gouvernement a une contrainte budgétaire et elle peut offrir plus de services si elle prélève plus de taxes. Dans le contexte actuel, il est inacceptable de contribuer au déficit budgétaire avec la construction d'un stade aux intérêts privés. Il est important de rappeler que la construction et rénovation d'infrastructures sont d'excellents projets pour stimuler l'économie. Ce n'est cependant pas le cas avec tous les projets (imaginez la construction d'un immense dinosaure sur le bord de la 20 pour remplacer le Madrid...). Si avec un budget de 400G$, on renonçait à la construction du nouveau Colisée , mais on installait une ligne de métro à Québec, ou que l'on contribuait à la construction du nouveau pont Champlain, ces choix stimuleraient de manière égale le milieu de la construction, en plus de stimuler l'activité économique de Montréal ou de Québec.
Si à mon avis, la construction de stades à des fins d'exploitation privée sort de la juridiction provinciale, le projet aurait été réalisé si les intérêts privés avaient été là, comme l'entend la pensée économique classique. Ce qui m'amène à la deuxième partie où je critique la prise de position hâtive des gouvernements dans le dossier.
La construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec est un projet très populaire, pas seulement dans la ville de Québec, mais à travers la province. Les chances sont bonnes que si le Colisée est finalement construit, un club de hockey professionnel viendra s'établir à Québec, ce qui rend le projet assez rentable pour les entreprises. D'autre part, les gouvernements peuvent s'assurer un capital de popularité avec un appui financier (même si ça n'a pas sa place comme je l'ai commenté plus haut). Cependant, le déménagement d'une équipe n'est pas assuré et c'est en présence de cette incertitude que les corporations comme Quebecor et les paliers de gouvernement provincial et municipal se sont livré un jeu dynamique (Théorie des jeux - Oskar Morgenstern et John von Neumann).
Dans la théorie économique, la théorie des jeux analyse les stratégies que les différents participants du jeux peuvent poser pour en retirer un gain optimal. L'exemple classique est le dilemme du prisonnier (où le résultat n'est pas la solution efficace) Les joueurs (participants) dans ce contexte-ci sont le gouvernement et les corporations. Un jeu dit dynamique signifie que la composante de temps influencera les stratégies. La situation initiale se décrit lorsqu'à la ville de Québec, on sent de plus en plus d'intérêt pour ramener les Nordiques en ville. Ceci sera peut-être fait à la condition qu'un nouvel aréna soit construit. Cependant, le nombre d'entreprises et la taille de celles-ci ne suffisent pas à lever les fonds adéquats. Le jeu commence ici: si l'entreprise Quebecor voit une rentabilité potentielle dans le projet, elle sait qu'en ne s'engageant pas, elle force les gouvernements (qui reçoivent beaucoup de pression pour investir) à agir en premier, et ce qu'ils font. La ville de Québec et le gouvernement provincial annoncent qu'ils financeront entièrement la construction de l'amphithéâtre, qu'ils loueront par la suite. Quebecor a maintenant beau jeu de s'engager à louer le stade à un prix conditionnel au déménagement d'une équipe de hockey.
Si le gouvernement fédéral a résisté à la pression populaire, le gouvernement provincial s'est engagé dans un projet qui deviendra peut-être rentable si un club de hockey professionnel s'amène à Québec et nécessairement déficitaire sinon. Il a pris toute la part du risque, laissant à Quebecor un rente assurée. C'est le résultat d'un jeu en deux étapes où les perdants sont les contribuables puisque les gouvernements bénéficient aujourd'hui d'un excellent capital de popularité et les entreprises de rentes assurées, alors que les payeurs de taxes doivent assumer le risque (équipe de hockey et rentabilité ou pas) pour un projet à intérêt privé.
vendredi 23 mars 2012
Droits de scolarité - la facilité de la moyenne et le bénéfice de l’assurance
jeudi 22 mars 2012
La grève étudiante - Est-ce un bon moyen de pression?
mercredi 21 mars 2012
Frais de scolarité - La solution est-elle une hausse?
Question d'investissement
Il est dit qu'en tant que société, nous avons la responsabilité de garder en santé nos concitoyens, de s'occuper de nos aînés, de nous assurer d'une bonne qualité de vie par le biais d'une croissance économique prospère, celle-ci étant entre autre assurée par un bon niveau d'éducation de la société. Si nous voulons bien vivre au Québec, nous nous devons d'être instruit et cela passe par le système d'éducation autant primaire, secondaire que post-secondaire. Une des questions est de savoir si c'est au gouvernement d'investir dans les institutions collégiales et universitaires, ou si les investissements en éducation devraient plutôt être faits par les ménages qui en bénéficient. Si c'est l'État qui fait cet investissement, il est nécessairement avec rendement risqué pour lui puisque les médecins récemment diplômés par exemple, ont la liberté de pratiquer où ils veulent dans le monde. C'est donc dire que les contribuables québécois auraient payé (assez cher) la formation d'un médecin sans pouvoir en bénéficier. Le rendement personnel de l'étudiant, pour sa part, est garanti. Voici une conclusion que nous pouvons tirer quand on regarde le problème à la marge. Toutefois, lorsqu'on regarde globalement la situation, il est évident que l'investissement de l'État dans chaque étudiant rapporte des rendements à l'ensemble des Québécois.
On s'accorde donc pour dire que l'éducation post-secondaire a des rendements positifs sur tous les étudiants et sur la société également. Mais de quelle manière doit intervenir l'État pour maximiser les rendements de la société, i.e. d'avoir une société où l'éducation est accessible à tous, et où le niveau d'éducation élevé dans la population en générant le moins de dépenses possibles? La prochaine section traitera du problème d'accessibilité.
Accessibilité
Ayant parlé de l'importance des retombés d'un investissement en éducation, qu'il soit personnel ou sociétal, il est intéressant de voir si l'une des deux méthodes est équitable pour tous les payeurs de taxe. Pour revenir à l'observation à la marge, on peut dire que des étudiants qui n'auraient pas les moyens d'accéder à l'université peuvent maintenant le faire grâce à la participation de l'État. On peut également dire que les étudiants issus de la classe aisée profitent d'une éducation supérieure subventionnée alors que la subvention ne leur est pas nécessaire. Si à la marge, un système d'éducation universitaire public profite aux étudiants moins nantis, il nuit également à l'ensemble des contribuables qui subventionnent l'éducation des plus riches.
- Augmenter la part de financement des universités à partir des droits de scolarité;
- Restructurer les finances publiques afin de négliger un autre secteur de l'économie québécoise comme la construction de route, et mieux financer nos universités (ou simplement augmenter le taux d'imposition québécois);
- Contingenter plus de programmes afin de réduire la taille des classes;
- Au lieu d'emprunter aujourd'hui à la banque pour investir dans ses études, puis de rembourser sa dette une fois diplômé et salarié, on utilise l'argent d'autrui pour financer ses études, puis on rembourse sous forme d'impôt plus tard. Le mécanisme est très semblable sauf que dans le cas de l'IPU, aucun engagement est pris quant à la réussite. Un étudiant endetté a l'incitation de réussir à l'école et de décrocher un bon emploi pour rembourser sa dette alors que l'étudiant qui se fait payer son éducation ne devra payer que s'il réussit.
- Le problème d'inéquité intergénérationnelle peut survenir dans le sens où, supposant que les frais de scolarité actualisés sont les mêmes depuis une cinquantaine d'année, on impose un fardeau fiscal supplémentaire au travailleur pour permettre aux jeunes de payer moins aujourd'hui. Dans le meilleur des mondes, la subvention serait financée par dette, de telle sorte que c'est aux générations futures de payer pour ces dépenses d'éducation puisque ce sont elles qui en profitent plutôt que de faire payer les travailleurs qui ne bénéficieront pas du système. C'est donc dire que cet IPU serait subventionné par dette dans les premières années, obligeant les premiers diplômés à rembourser cette dette plutôt que d'investir dans l'éducation, forçant ainsi les étudiants à ce moment-là à augmenter la dette qui rembourseraient à leur tour. Si le taux d'IPU, le nombre d'étudiants par année et les coûts d'université restent les mêmes de manière actualisée, un système d'impôt post-universitaire qui est équitable sur le plan intergénérationnel serait analogue à un système d'emprunt et de remboursement global pour les étudiants.
- Un système d'emprunt et de remboursement ainsi construit coûte cher d'intérêt aux étudiants qui réussissent (sur le plan monétaire) et ne coûte rien aux étudiants qui abandonnent leurs études.
mardi 20 mars 2012
Droits de scolarité - Retour de l'erreur des économistes classiques
mercredi 22 février 2012
Le Plan Nord – Les ressources naturelles du Québec et nos exportations
On ne peut dire le contraire, le Nord du Québec est un très grand territoire (1,2 millions de km²) qui renferme énormément de forêts, de rivières mais également de minerais grandement en demande sur le marché international. Grand producteur de zinc, d’or et de minerai de fer, c’est plus de 20 minéraux qui sont exploités actuellement sur le territoire québécois. Le Plan Nord est un projet qui visera à développer les infrastructures minières par entre autres la création de routes et de chemins de fer, sollicitera Hydro-Québec pour acheminer et alimenter les projets en électricité et devrait créer ou consolider 20 000 emplois par années au cours des 25 prochaines années. Le gouvernement et Hydro-Québec planifie investir 80 milliards dans ce projet, 47G provenant de la société d’état alors que les 33G autres serviront à développer des infrastructures publiques (source : lesaffaires.com). Le gouvernement hausse également le taux de redevance des entreprises sur ce qu’ils exploitent, de 12% à 16%.
En science économique, lorsqu’il s’agit d’évaluer un projet public, on cherche à savoir si l’investissement du gouvernement rapporte des gains réels à ses citoyens. Le gouvernement Charest compare le Plan Nord au projet de la Baie James dans les années 1970 alors qu’il s’agit de deux situations très différentes sur le plan économique. Alors que dans les années 1970, Hydro-Québec investissait des centaines de millions dans la construction de barrages hydroélectriques, assurant aux Québécois de l’énergie renouvelable à bas prix dont nous profitons encore aujourd’hui, le Plan Nord prévoit des investissements importants pour enrichir le Québec par la consolidation et la création d’emplois, et par des constructions d’infrastructures de transport, facilitant l'exportation des minéraux. Il existe toutefois une différence marquée entre le le Plan Nord et le projet de la Baie James: alors qu'on investie aujourd'hui dans un projet d'extraction de ressources épuisables, les centrales hydroélectriques utilisent notre territoire de manière durable.
Il ne faut toutefois pas voir le Plan Nord comme un mauvais projet, dans la mesure où le Québec est riche en minéraux et qu’il est nécessaire d’en profiter. C’est plutôt de la manière avec laquelle le projet se développe qu’il faut se poser des questions: Les investissements du gouvernement seront-ils profitables pour l’ensemble des Québécois ou cela est-il seulement favorable aux entreprises minières qui participeront au projet? La valeur nette de nos minéraux est-elle si grande si le gouvernement doit investir dans des infrastructures pour assurer le développement de cette industrie? La pensée libertarienne en économie stipule que si une activité doit être profitable, elle sera initiée. Par exemple, si les gens veulent vraiment conduire une voiture, ils renonceront à d’autres biens pour se la procurer. La voiture sera donc profitable à leurs yeux. C’est donc dire que si la valeur nette du sous-sol québécois était assez grande, les compagnies minières s'occuperaient de développer les infrastructures nécessaires pour en profiter. Ainsi, dans cette idéologie de droite économique, le gouvernement n'aurait qu'à assurer le respect de la réglementation.
Si on peut justifier l’implication du gouvernement dans le projet, c’est dans sa promotion, ce qui devrait augmenter la proportion de capitaux québécois dans les investissements privés. Le projet sera profitable pour le Québec si des sociétés d’investissement de chez nous, telle que la Caisse de dépôt et placement du Québec, y prennent part.
Sur un plan macroéconomique, un projet comme le Plan Nord est excellent pour le bilan financier québécois en chiffre mais ne l'est pas de manière réelle. Lorsqu’on regarde la santé économique d’un état, on veut savoir si le pays (ou la province) s’est enrichi(e) par rapport à l’extérieur. On vérifie donc si les exportations sont supérieures aux importations. Si c’est le cas, on observe un bilan positif. Avec l’extraction d’un grand nombre de ressources naturelles, la construction de beaucoup d’infrastructures et la création d’emplois, le PIB ne peut qu’augmenter dans les prochaines années. Toutefois, si le bilan est positif, il l'est possiblement au détriment des citoyens québécois qui sacrifient des services publics pour augmenter des exportations qui profitent à des capitaux, en partie étrangers. De plus, l’augmentation des exportations n’est pas nécessairement une bonne chose puisqu’elle nous rend encore plus dépendant de l’économie mondiale. Dans un contexte de crise économique mondiale, la demande pour nos minéraux sera moins grande, baissant ainsi le prix des ressources sur le marché mondial.
Alors qu’Hydro-Québec et son hydroélectricité appartiennent encore aujourd’hui aux Québécois, le Plan Nord donnera au Québec dans 25 ans des routes, des chemins de fer, des infrastructures portuaires dans une région désertée. Si ce projet est un excellent moyen de relancer l’économie, c’est évidemment un choix judicieux sur le plan politique puisqu’on augmente les recettes fiscales et on augmente le PIB québécois, assurant un excellent bilan à court et moyen terme. Si ce projet est pour profiter à l'ensemble des Québécois et justifier un intervention majeure du gouvernement, les compagnies minières impliquées se doivent d'être détenues par des gens d'ici.
lundi 20 février 2012
Coalition pour l'Avenir du Québec - Une approche de contrainte de ressources
La théorie économique a dans ses objectifs de maximiser le bien-être, en soumettant les éléments de ce bien-être à une contrainte budgétaire. Prenons par exemple pour le Québécois moyen un panier de bien de consommation public qui le rend heureux: des services de soins de santé accessible à tous, le bien-être social, des routes et des ponts qui permettent de traverser notre territoire très étendu, un système d'éducation primaire et secondaire accessible à tous et un système d'éducation post-secondaire accessible à ceux qui sont prêts à sacrifier de leur bien de consommation de tous les jours (par exemple une voiture). Pour arriver à financer tous ces services, les gouvernements des 50 dernières années ont fait des choix qui font que les Québécois paient beaucoup d'impôts. Le gouvernement représentant les valeurs de ses citoyens, on peut donc dire que le Québécois moyen a choisi de partager une grande part de ses revenus pour pouvoir bénéficier de services sociaux hors pairs. On ne peut arriver à financer tous les services qu'on a présentement sans que notre impôt personnel soit élevé.
Si nous pensons payer trop d'impôts, il faut alors faire des choix. De ce problème de biens publics valorisés, il s'agit de connaître la structure de préférences entre les biens. Est-il possible de déterminer que l'ensemble des Québécois serait prêt à renoncer à la construction d'un hôpital afin de construire 2 nouveaux ponts pour accéder à Montréal à partir de la rive nord et la rive sud? De quelle manière sont construites les préférences des Québécois?
Il semble que si on questionne le Québécois moyen à ce sujet, il sera intéressé à avoir un nouveau pont dans sa région, un nouvel hôpital dans sa ville et des frais de scolarité universitaire nuls pour ses enfants. On se dit que le gouvernement devrait payer, que les riches devraient payer, mais que nous, on ne veut pas payer un sous de plus. C'est d'ailleurs un concept que l'économiste Mathieu Laberge avait partagé lors d'un conférence organisée au HEC il y a 2 ans (et qu'il a surement partagé ailleurs aussi!).
Cette situation d'insatisfaction des Québécois est une excellente source de capital politique pour les partis politiques émergents, comme ce l'est pour la CAQ (et comme ce l'était pour l'ADQ); des partis, dont les mauvaises langues diront, qu'ils sont opportunistes.
Dans le plan d'action de son parti politique, François Legault ne se lasse pas de dire qu'il a l'intention de réduire les structures gouvernementales et d'offrir de meilleurs services publics aux Québécois. Ces réformes toucheraient les secteurs d'éducation (primaire et secondaire, par le biais de l'abolition des commissions scolaires) ainsi que le système de santé. Ces idées ne sont pas mauvaises à première vue mais un nouveau parti peut-il réellement couper dans le financement de services publics, tout en augmentant leur efficacité? Ce qui amène à la question de la faisabilité de ces réformes dans un mandat de 4 ans. Rappelez-vous de la réforme du système de santé du parti Libéral en 2003 avec Philippe Couillard. Le programme du parti Libéral lors de la campagne électoral tournait autour de cette réforme, et même si les effets dans les hôpitaux se sont fait sentir, ce ne fut que des années plus tard; même problème pour la réforme au primaire et au secondaire. Maintenant que la transition est terminée, on pense déjà à un nouveau système.
Les idées de François Legault sont à mon avis, de belles idées, mais infaisables à court terme. Il est optimal pour le Québec de réduire la taille de ses structures gouvernementales qui alourdissent le coût de chacun des services publics. Il est à mon avis impertinent de présenter un programme qui dit vouloir rendre les choses plus efficaces, et en payant moins. C'est comme dire qu'on veut se faire élire pour faire le bien et non le mal.
Si on veut un meilleur Québec, il faut à mon avis un gouvernement fonctionnel, et j'entends par cela, un gouvernement qui n'a pas peur d'agir pour le bien des Québécois aujourd'hui et demain. Que ce soit par l'augmentation ou la réduction de la taille de l'état, il faut à tout prix éliminer les structures inutiles qui alourdissent les budgets. Il faut également que l'électorat québécois soit instruit économiquement, i.e. qu'il doit savoir qu'augmenter des services publics, ça lui coûte plus d'argent, et donc qu'il renonce à sa piscine creusée ou à son IPad. Une idée lancée par l'économiste Ianik Marcil (Bande d'illettrés (économiques)) la semaine dernière, qui voudrait accorder une place à l'économie au secondaire est primordiale; les québécois ont besoin de connaître les bases d'une contrainte budgétaire sociale.
Sur ce, j'espère en avoir instruit, et je vous reviendrai dès que possible sur d'autres enjeux d'économie publique!
Liens donnés plus haut:
http://coalitionavenirquebec.org/
https://twitter.com/#!/Matt_Laberge
https://twitter.com/#!/francoislegault
http://voir.ca/ianik-marcil/2012/02/12/bande-dillettres-economiques/



