Après un automne sans hockey, Montréal profite d'une équipe de hockey transformée depuis l'année dernière. Ce post ne discutera pas des décisions comptables du directeur général du Canadien, Marc Bergevin, mais de choix des joueurs qui constituent l'alignement du club. Par exemple, il ne sera pas question du rachat du contrat de Scott Gomez, ni de la façon dont il s'est débarrassé du contrat d'Erik Cole. Ces décisions améliorent la rentabilité de l'équipe à long terme mais n'en dit pas nécessairement long sur les rendement côté hockey. Les "experts"-analystes de RDS, TVA Sports et autres applaudissent tous la gestion de l'équipe, et font souvent référence à une équipe qui a 3 lignes de joueurs qui peuvent produire. Comme ce blog est de nature économique, j'aimerais faire le parallèle entre la théorie financière du porte-feuille diversifié et la façon dont le Canadien de Montréal est géré.
La théorie financière du porte-feuille diversifié stipule qu'afin de maximiser le bien-être d'un épargnant-investisseur, il ne faut pas mettre tous ces œufs dans le même panier. Par exemple, un investisseur qui ne détenait que des actions de Nortel au moment de leur dégringolade en bourse, aura perdu presque la totalité de ses investissements. Lorsqu'on place de l'argent, on souhaite bien sûr avoir le meilleur retour sur son investissement, mais on cherche également à minimiser le risque. Ce sont les deux éléments qui font varier le "bien-être"/richesse des agents. On suggère donc de placer de l'argent à différents endroits, de façon à ce que ces investissements ne varient pas tous en même temps: on pourrait ainsi amortir l'effet d'une chute de la valeur de nos actions avec une hausse ou une non-variation des autres actifs. Dépendamment de la peur face au risque et aux désirs d'avoir de grands rendement, l'investisseur fait son choix. Et généralement, les rendements sont plus faibles lorsque les risques sont faibles.
Vous étiez surement déjà au courant de cette théorie, mais il est à mon sens pertinent d'observer la gestion du club de hockey montréalais dans cette optique. Le Canadien de Montréal compte sur plusieurs bons joueurs cette année, sans que ceux-ci ne soient dans les leaders à ce chapitre dans l'ensemble de la ligue. On pense à Pacioretty, Ryder, Eller, Plekanec entre autre. Ce sont d'excellents joueurs qui, contrairement à d'autres comme Crosby ou Stamkos, ne produisent pas nécessairement à tous les matchs. Toutefois, le rendement de chacun de ces joueurs ne sont pas corrélés entre eux: ils ne varient pas ensemble. Si Ryder connaît un bon match un soir, et que Pacioretty en connaît un moins bon, la tendance peut s'inverser au match suivant. Ces ainsi que Marc Bergevin a mis sur pied (à partir de ce qu'il avait déjà) une équipe diversifiée. Il a en moyenne d'excellentes chances d'avoir un bon rendement à chaque match, et cette moyenne ne varie pas beaucoup: il a un bon rendement espéré et un risque minimisé.
Les analystes décrivent ce genre d'équipe, comme pouvant "compter sur 4 bon trios".
S'il est important d'avoir un "porte-feuille" d'équipe diversifié sur le plan du rendement hockey, il est également important de répartir le risque au niveau des blessures. Prenez par exemple un joueur comme Sidney Crosby, qui est si talentueux, qu'on ne mettra probablement jamais en doute son rendement sur la glace. Il a un bon rendement sans risque, il serait donc compréhensible de le rémunérer généreusement. Cependant, en lui donnant 10 M$ par année au lieu de payer 3 joueurs à rendement non-corrélé payés à 3,3 M$ qui auraient la même production offensive, on prend le risque de payer un joueur alors qu'il est à l'infirmerie (pardonnez l'expression du jargon - RDS).
C'est grâce à des décisions comme celle-là que le Directeur Général du Canadien cette année à pu maintenir le cap vers une deuxième place dans l'Association de l'Est, même en perdant au courant de la saison un excellent joueur comme René Bourque, ou un bon défenseur comme Rafael Diaz.
Dans un contexte comme celui de la Ligue Nationale de Hockey, où on observe ces dernières années beaucoup plus d'achalandage sur le marché des transactions ou des joueurs autonomes, le sentiment d’appartenance des joueurs à leur équipe est moins important qu'avant. Ce qui explique que deux joueurs de talent ont une production offensive synchronisée (en d'autre mot, qu'ils connaissent des hauts et des bas dans la saison aux mêmes moments), est notamment le fait de partager le même uniforme pendant plusieurs saisons. Or, garder des joueurs dans la même équipe pendant longtemps coûte cher (sujet que j'aborderai dans un prochain post), et la diversification du porte-feuille s'effrite. Dans l'environnement actuel, un Directeur Général a tout avantage a profiter du grand taux de roulement des joueurs afin de maximiser ses rendements hockey et de minimiser ses risques.
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Pour les connaisseurs, une obligation à long terme serait pour moi Josh Gorges;
Un indicateur du marché immobilier en 2008 serait Alex Ovechkin (il reprend du mieux récemment, comme le marché immobilier américain);
Le baril de pétrole serait comme Sidney Crosby (toujours un bon rendement mais connait quelques secousses ces dernières années).
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