samedi 11 mai 2013

Partager un concours pour augmenter ses chances de gagner?

Un concours m'a été récemment acheminé via les médias sociaux et j'aimerais partager mon questionnement à ce sujet. Lorsqu'il nous est proposé de partager de tels concours moyennant l'augmentation de notre chance de gagner, est-ce qu'on doit conclure qu'en multipliant le nombre de fois qu'on participe, on augmente réellement nos chances de gagner?

Il n'est pas sorcier de comprendre qu'un concours ayant un ultime prix est remporté par une seule participation.  Nos chances de gagner sont donc égales au nombre de fois que l'on y participe sur le nombre de participations de tous les autres joueurs.  C'est donc dire que moyennant un nombre de participations total qui augmente, on nous offre plus de participations unitaires. Or, l'augmentation du numérateur (notre nombre de participation) ne garantie pas une fraction plus grande.

La question est de savoir si le partage de ce dit concours augmentera du facteur dont nos chances de gagner sont elles-mêmes multipliées. Par exemple, supposons que 99 participations seront comptabilisées sans votre intervention, en y participant, vous aurez donc 1 chance sur 100 de gagner. On vous offre de partager le concours moyennant l'augmentation de votre nombre de participation d'un facteur 10. Pour ne pas augmenter vos chances, il faudrait que votre partage entraînent 891 participations additionnelles. De cette façon, vous aurez toujours 1 chance sur 100 de gagner (10 sur 1000).

L'effet multiplicateur du nombre de participation m'est inconnu. Cela dépend également de la propension à partager de vos amis. Dans l'exemple précédent, il me faut pas négliger 2 points: qu'une personne qui a reçu de vous une invitation risque de participer 10 fois également; et que la valeur arbitraire de 99 comme nombre de participations sans votre implication est très basse; pour des concours de petites envergures, ce nombre doit être d'au moins 25 000 (dans ce cas, votre partage devrait entraîner plus de 224 991 autres participations pour réduire vos chances).

Tout ceci est compliqué, mais j'en conclue que moins un concours est connu, et que plus vos amis ont une propension à partager les concours elevée, moins vous avez intérêt à le partager; mais ça ne vaudra pratiquement jamais la peine de ne pas le faire.  Si vous avez à le faire, partager ces concours à des gens qui ne feront pas de même. Et si vous valorisé le rayonnement de l'entreprise qui a mis en place le concours, qu'attendez-vous? Ne lisez pas ce post.

mercredi 8 mai 2013

Le brio de Pierre Boivin ou la conjoncture cyclique de la passion pour le CH

La "fièvre" des séries est loin d'être à son comble cette année. Je pose la question dans ce post si le printemps CH est moins chaud cette année parce que le temps qu'il fait distrait les partisans, que les chances de l'équipe cette année sont moins bonnes, et beaucoup d'autres raisons possibles, ou bien que Pierre Boivin n'est plus le président de l'équipe.
En 2000, alors que je jouais au niveau atome dans le hockey mineur, je me rappelle avoir mis la main sur une paire de billets gratuite (reçue, pas donnée) dans le fin fond du Centre Molson pour aller voir un match. J'étais le seul avec mon père dans les bleus. Le Canadien dans ce temps-là faisait les séries une année sur 2. L'image du club de hockey n'était pas très bonne, admettons-le. Puis, George Gillet a acheté l'équipe et le Centre Molson, et avec l'aide de Pierre Boivin a regarni les gradins qui sont pleins (en théorie) depuis 2004. 
Des transactions flamboyantes comme celle qui a amené Alex Kovalev à Montréal ont contribué a ce mouvement. Des séries excitantes contre les Bruins au courant de la décennie n'ont pas nui.  Et il y a eu le centenaire de l'equipe, et un poste de télévision jadis Réseau des Sports, est devenu Télé-Canadiens.
Pourtant, les conditions qui me semblent pas avoir tant changées ne sont plus gagnantes, du moins en a regarder le nombre de drapeaux sur les voitures. En effet, le Centre Bell est toujours a pleine capacité, malgré une hausse du prix des billets, du stationnement, et de la bière.
Plusieurs explications possibles me viennent en tête: un possible essoufflement de l'engouement du centenaire, le club qui est méconnu, avec la perte de joueurs icônes comme Kovalev, Koivu et Théodore, la crise politique du printemps dernier qui nous a fait oublier ce qu'est le printemps à Montréal, le beau temps, la saison écourtée, l'espoir nul de voir l'équipe passer en 2e ronde, etc.
Je pense que certains de ces facteurs peuvent expliquer les 37,5 degrés (l'absence de fièvre...) des séries cette année, mais rien n'est plus marquant que le changement de direction d'une organisation pour justifier de moins bons rendements.  Sans Pierre Boivin, le Canadien se vend moins bien, et ça pourrait se traduire par un ralentissement de la vente des billets la saison prochaine (si le prix ne baisse pas). On a pourtant 3 excellents espoirs, et une rivalité de plus à prévoir avec la capitale nationale.
J'attends vos commentaire sur cette louange que je fais à Pierre Boivin. Je pourrais ajouter qu'il est probablement parti au bon moment, et ça ferait de lui un homme d'affaire autant plus génial.

lundi 6 mai 2013

La gestion d'une équipe de hockey à la manière d'un porte-feuille diversifié

Après un automne sans hockey, Montréal profite d'une équipe de hockey transformée depuis l'année dernière.  Ce post ne discutera pas des décisions comptables du directeur général du Canadien, Marc Bergevin, mais de choix des joueurs qui constituent l'alignement du club.  Par exemple, il ne sera pas question du rachat du contrat de Scott Gomez, ni de la façon dont il s'est débarrassé du contrat d'Erik Cole. Ces décisions améliorent la rentabilité de l'équipe à long terme mais n'en dit pas nécessairement long sur les rendement côté hockey.  Les "experts"-analystes de RDS, TVA Sports et autres applaudissent tous la gestion de l'équipe, et font souvent référence à une équipe qui a 3 lignes de joueurs qui peuvent produire.  Comme ce blog est de nature économique, j'aimerais faire le parallèle entre la théorie financière du porte-feuille diversifié et la façon dont le Canadien de Montréal est géré.

La théorie financière du porte-feuille diversifié stipule qu'afin de maximiser le bien-être d'un épargnant-investisseur, il ne faut pas mettre tous ces œufs dans le même panier.  Par exemple, un investisseur qui ne détenait que des actions de Nortel au moment de leur dégringolade en bourse, aura perdu presque la totalité de ses investissements.  Lorsqu'on place de l'argent, on souhaite bien sûr avoir le meilleur retour sur son investissement, mais on cherche également à minimiser le risque.  Ce sont les deux éléments qui font varier le "bien-être"/richesse des agents.  On suggère donc de placer de l'argent à différents endroits, de façon à ce que ces investissements ne varient pas tous en même temps: on pourrait ainsi amortir l'effet d'une chute de la valeur de nos actions avec une hausse ou une non-variation des autres actifs. Dépendamment de la peur face au risque et aux désirs d'avoir de grands rendement, l'investisseur fait son choix.  Et généralement, les rendements sont plus faibles lorsque les risques sont faibles.

Vous étiez surement déjà au courant de cette théorie, mais il est à mon sens pertinent d'observer la gestion du club de hockey montréalais dans cette optique.  Le Canadien de Montréal compte sur plusieurs bons joueurs cette année, sans que ceux-ci ne soient dans les leaders à ce chapitre dans l'ensemble de la ligue.  On pense à Pacioretty, Ryder, Eller, Plekanec entre autre.  Ce sont d'excellents joueurs qui, contrairement à d'autres comme Crosby ou Stamkos, ne produisent pas nécessairement à tous les matchs.  Toutefois, le rendement de chacun de ces joueurs ne sont pas corrélés entre eux: ils ne varient pas ensemble.  Si Ryder connaît un bon match un soir, et que Pacioretty en connaît un moins bon, la tendance peut s'inverser au match suivant.  Ces ainsi que Marc Bergevin a mis sur pied (à partir de ce qu'il avait déjà) une équipe diversifiée.  Il a en moyenne d'excellentes chances d'avoir un bon rendement à chaque match, et cette moyenne ne varie pas beaucoup: il a un bon rendement espéré et un risque minimisé.

Les analystes décrivent ce genre d'équipe, comme pouvant "compter sur 4 bon trios".

S'il est important d'avoir un "porte-feuille" d'équipe diversifié sur le plan du rendement hockey, il est également important de répartir le risque au niveau des blessures.  Prenez par exemple un joueur comme Sidney Crosby, qui est si talentueux, qu'on ne mettra probablement jamais en doute son rendement sur la glace.  Il a un bon rendement sans risque, il serait donc compréhensible de le rémunérer généreusement.  Cependant, en lui donnant 10 M$ par année au lieu de payer 3 joueurs à rendement non-corrélé payés à 3,3 M$ qui auraient la même production offensive, on prend le risque de payer un joueur alors qu'il est à l'infirmerie (pardonnez l'expression du jargon - RDS).

C'est grâce à des décisions comme celle-là que le Directeur Général du Canadien cette année à pu maintenir le cap vers une deuxième place dans l'Association de l'Est, même en perdant au courant de la saison un excellent joueur comme René Bourque, ou un bon défenseur comme Rafael Diaz.

Dans un contexte comme celui de la Ligue Nationale de Hockey, où on observe ces dernières années beaucoup plus d'achalandage sur le marché des transactions ou des joueurs autonomes, le sentiment d’appartenance des joueurs à leur équipe est moins important qu'avant.  Ce qui explique que deux joueurs de talent ont une production offensive synchronisée (en d'autre mot, qu'ils connaissent des hauts et des bas dans la saison aux mêmes moments), est notamment le fait de partager le même uniforme pendant plusieurs saisons.  Or, garder des joueurs dans la même équipe pendant longtemps coûte cher (sujet que j'aborderai dans un prochain post), et la diversification du porte-feuille s'effrite. Dans l'environnement actuel, un Directeur Général a tout avantage a profiter du grand taux de roulement des joueurs afin de maximiser ses rendements hockey et de minimiser ses risques.



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Pour les connaisseurs, une obligation à long terme serait pour moi Josh Gorges;
Un indicateur du marché immobilier en 2008 serait Alex Ovechkin (il reprend du mieux récemment, comme le marché immobilier américain);
Le baril de pétrole serait comme Sidney Crosby (toujours un bon rendement mais connait quelques secousses ces dernières années).

Si vous avez d'autres suggestions, n'hésitez pas à partager.