C'est que les étudiants qui ne sont pas en grève sont souvent jugés à savoir qu'ils sont égoïstes car ils veulent finir leur session et ne pensent pas aux générations futurs qui devront payer plus. Il est à mon sens très altruiste de mettre en suspend ses études alors qu'on paie déjà un appartement, des livres pour la session et ses droits de scolarité. Comment trouver le juste choix entre ses deux alternatives de faire la grève ou pas? N'y aurait-il pas un moyen de pression plus efficace qui ferait reculer le gouvernement?
C'est que la grève au niveau universitaire ne désavantagera que les étudiants eux-mêmes qui se retrouveront dans des classes plus grandes à la session d'automne ou qui finiront leur session à la mi-juin. Cela mets également de la pression sur les professeurs qui travailleront plus tard dans l'été à donner des cours alors que la plupart d'entre eux appuient le mouvement étudiant. Au niveau collégial, c'est toutefois différent puisqu'on assistera à un engorgement énorme à la rentrée en septembre. Et encore une fois, le mal sera fait sur les institutions collégiales qui appuient pour la plupart leur étudiants (je prends exemple du Collège du Vieux-Montréal qui a mis ses étudiants en lock-out!).
D'un autre côté, si on veut se battre pour les générations futures, on n'a qu'à regarder comment la culture anglophone procède. S'ils ne sont pas en grève en ce moment, les nouveaux et anciens diplômés participent et aident les futurs étudiants au moyen de dons et d'investissement dans leur anciens établissements. Alors qu'ils ont profité plus tôt dans leur vie de dons des plus vieux, ils redonnent à leur tour pour assurer une éducation de qualité à leurs enfants.
Si l'étudiant moyen francophone est en grève à l'heure actuelle, il fait preuve d'altruisme tout comme l'étudiant moyen anglophone le fera lorsqu'il aura gradué. La différence est que chez les francophones, on ne met pas seulement de la pression sur nous, mais sur les institutions et sur les professeurs qui n'ont pas à décider s'il y aura une hausse ou pas, alors que chez les anglophones, on renonce à une partie de notre salaire pour aider les autres, sans brimer personnes d'autres, et tout en continuant d'aller à l'école pour faire avancer notre société.
Je crois qu'il est important que les étudiants se fassent entendre puisqu'ils ont un point de vue à partager avec la population. La grève est un excellent moyen puisqu'elle attire énormément d'attention médiatique mais je crois qu'elle n'affecte pas assez le gouvernement pour qu'il change sa décision d'augmenter les frais ou pas. C'est au moyen de pétition à l'échelle nationale ou de porte-paroles influent sur la scène politique qu'on changera peut-être les choses. Cette dernière option sera cependant difficile puisqu'aucun des trois partis politiques du Québec semble appuyer la cause des étudiants.
Pour finir sur une note amusante, j'ai été mis à l'oreille hier que le CÉGEP du Vieux-Montréal aurait voté pour une grève générale jusqu'à ce que la gratuité scolaire leur soit accordée. S'agit-il d'un décision qui aura de l'impact? Je pense que vous connaissez mon point de vue là-dessus!
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