La présente campagne électorale est décrite par plusieurs analystes comme une campagne de négation, une campagne où le vote stratégique sera plus présent que jamais: "Voter pour celui qui a le plus chance de ne pas faire rentrer les Libéraux!" par exemple. Je vous propose dans les prochaines semaines un revue des partis aspirants au pouvoir et de leurs politiques afin de défaire de mythe. Un gouvernement réellement gagnant au Québec sera celui qui aura su se faire élire parce qu'il a une vision du Québec partagée par ses électeurs, et non parce que ces derniers ne partagent pas celle des autres partis.
Comme je l'ai fait plus tôt cette année avec la CAQ, je me permets de porter certains commentaires sur les gestes et annonces du Parti Libéral du Québec. Je tiens à rappeler ici que le point de vue exprimé dans ce texte porte plus particulièrement sur l'économique des politiques proposées. Il sera d'abord question d'un bref résumé des annonces du PLQ depuis le début de la présente campagne électorale, suivra la critique de celles-ci. On dit souvent que les politiciens parlent à travers leur chapeau, qu'ils font des promesses qu'ils ne peuvent pas tenir. Je propose de poser l'hypothèse suivante: les trois partis principaux (PQ, CAQ, PLQ) sont tous également crédibles dans leurs annonces. Il ne sera pas question dans ce post de vérification de la faisabilité des promesses non plus (ou presque pas).
Au courant des dernières semaines, Jean Charest a fait l'annonce de plusieurs mesures concernant la famille. D'abord, le Premier Ministre veut indexer le prix des garderie à 7$ au niveau de l'IPC, ensuite, il annonce un soutient financier à l'achat de fourniture scolaire pour les enfants fréquentant l'école primaire publique. Puis, les soins dentaires seront dorénavant plus accessibles aux jeunes.
Dans le secteur de l'emploi, un gouvernement libéral créera 250 000 postes d'ici 2017 afin d'atteindre le plein emploi, et orientera la formation afin de combler les besoins du Plan Nord. Des réductions d'impôt seront accordées aux investisseurs qui placeront leur argent dans ce même projet de développement minier. Jean Charest veut finalement augmenter le taux de réduction de la dette.
L'indexation au niveau de prix des garderies à 7$ est une proposition qui va de soit à mon avis. Il est vrai que le gouvernement libéral avait augmenté le prix de ce service de 2$ a son entrée au pouvoir, mais ne pas ajuster le 7$ signifie diminuer le prix réel à chaque année. Cela ne représente donc aucune augmentation et ne bouleverse aucun état d'équité. Le soutient financier de 100$ à l'achat de fourniture scolaire est une bonne nouvelle en soit mais augmente encore une fois la taille de l'État. Elle est toutefois bien appliquée dans la mesure où seulement les jeunes fréquentant l'école publique (généralement plus pauvres) peuvent en bénéficier. Le soutient aux familles est donc renforcé une fois de plus. Je tends à penser qu'une mesure comme celle-ci découle des choix en éducation faits dans les dernières années (la fameuse réforme de l'éducation dont les bienfaits ne seront probablement jamais estimés par peur des résultats n'encourage-t-elle pas la surconsommation de fournitures scolaires?).
Finalement, les soins dentaires dorénavant plus accessibles aux jeunes est à mon avis un pas dans la mauvaise direction faite par le PLQ. En plus d'ajouter encore une fois un bras au gouvernement dans un secteur, celui-ci profitera d'une certaine forme d'encouragement dont il n'a pas besoin. Si vous êtes familiés avec le concept de l'offre et de la demande, vous êtes probablement également au courant que les dentistes chargent des honoraires plutôt élevés. Les soins dentaires sont un service nécessaire et ils coûtent très chers. Le gouvernement a donc le choix d'effectuer un choc sur l'offre ou la demande. Une augmentation de la demande (comme la mesure annoncée le suggère) augmente le prix d'équilibre du marché des soins dentaires. En quoi une telle politique peut aller dans le sens du biens commun si elle favorise l'industrie dentaire. Une politique alternative qui pourrait rendre accessible les soins dentaires aux jeunes sera une contrôle sur l'offre, par exemple en imposant un prix fixe pour tous les différents soins dentaires aux jeunes ou en ajoutant une taxe sur cette industrie qui ne pourrait être refilée aux consommateurs servant à financer les soins aux jeunes.
Pour ce qui est de l'annonce faite dans le secteur de l'emploi, les économistes s'entendront pour dire qu'une promesse de création de 250 000 emplois est malgré l'hypothèse faite plus haut, loin d'être crédible. La seule explication plausible est que le fameux Plan Nord sera assez développé d'ici 2017 et que plusieurs emplois seront créés, des emplois qui n'auraient jamais existé sans ce projet. Les emplois créés dans le Nord liés au projet de développement minier ne témoigne encore une fois d'une trop grande part de décision du gouvernement dans la vie des citoyens. Avec les subventions d'un gouvernement libéral, il sera bien sûr plus intéressant pour un Québécois d'aller travailler dans le Grand Nord plutôt que de rester dans les villes. Cependant, ce déplacement de main d'oeuvre à un coût, pour l'État et pour l'individu. Le Québec aura nécessairement besoin de travailleurs étrangers pour combler la demande de travailleurs dans les mines, ce qui certes, augmentera le nombre de travailleurs, mais également la population. La cible de 6% du taux de chômage du gouvernement libéral sera encore plus difficile à atteindre. De plus, la plupart des emplois sont créés simplement lorsque la conjoncture économique est bonne: un gouvernement qui favorise le secteur minier au détriment des autres ne guide certainement l'économie dans la bonne direction puisque si les choix ont à être faits, ils se feront sans l'aide de l'État. Idem pour les crédit d'impôt à l'investissement dans le Plan Nord.
Finalement une annonce plus qu'intéressante faite par le gouvernement Libéral est l'augmentation du taux de remboursement de la dette (ou la diminution du taux d'augmentation...). Il est rare qu'en campagne électoral, un parti se prononce sur un sujet aussi peu intéressant que la dette, cela signifie qu'il est plus que temps d'en parler parce que celle-ci devient d'une taille alarmante.
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