lundi 20 février 2012

Coalition pour l'Avenir du Québec - Une approche de contrainte de ressources

Cela fait déjà presque 2 ans que l'idée d'un blog d'actualité économique m'est venue et j'ai plus que jamais l'intention d'entretenir un lien éducatif sur la science économique avec mes lecteurs. Je débute donc avec un sujet d'actualité, très en vogue chez nous, au Québec: la Coalition pour l'Avenir du Québec (CAQ). Le sujet étant généralement de nature politique, je questionne quelques suggestions du plan d'action proposé en automne dernier d'un point de vue économique. J'aborderai dans ce post, la tendance que les politiciens ont de faire de la magie avec des propositions de réforme qui ne tiennent pas compte des contraintes de ressource.

La théorie économique a dans ses objectifs de maximiser le bien-être, en soumettant les éléments de ce bien-être à une contrainte budgétaire. Prenons par exemple pour le Québécois moyen un panier de bien de consommation public qui le rend heureux: des services de soins de santé accessible à tous, le bien-être social, des routes et des ponts qui permettent de traverser notre territoire très étendu, un système d'éducation primaire et secondaire accessible à tous et un système d'éducation post-secondaire accessible à ceux qui sont prêts à sacrifier de leur bien de consommation de tous les jours (par exemple une voiture). Pour arriver à financer tous ces services, les gouvernements des 50 dernières années ont fait des choix qui font que les Québécois paient beaucoup d'impôts. Le gouvernement représentant les valeurs de ses citoyens, on peut donc dire que le Québécois moyen a choisi de partager une grande part de ses revenus pour pouvoir bénéficier de services sociaux hors pairs. On ne peut arriver à financer tous les services qu'on a présentement sans que notre impôt personnel soit élevé.

Si nous pensons payer trop d'impôts, il faut alors faire des choix. De ce problème de biens publics valorisés, il s'agit de connaître la structure de préférences entre les biens. Est-il possible de déterminer que l'ensemble des Québécois serait prêt à renoncer à la construction d'un hôpital afin de construire 2 nouveaux ponts pour accéder à Montréal à partir de la rive nord et la rive sud? De quelle manière sont construites les préférences des Québécois?

Il semble que si on questionne le Québécois moyen à ce sujet, il sera intéressé à avoir un nouveau pont dans sa région, un nouvel hôpital dans sa ville et des frais de scolarité universitaire nuls pour ses enfants. On se dit que le gouvernement devrait payer, que les riches devraient payer, mais que nous, on ne veut pas payer un sous de plus. C'est d'ailleurs un concept que l'économiste Mathieu Laberge avait partagé lors d'un conférence organisée au HEC il y a 2 ans (et qu'il a surement partagé ailleurs aussi!).

Cette situation d'insatisfaction des Québécois est une excellente source de capital politique pour les partis politiques émergents, comme ce l'est pour la CAQ (et comme ce l'était pour l'ADQ); des partis, dont les mauvaises langues diront, qu'ils sont opportunistes.

Dans le plan d'action de son parti politique, François Legault ne se lasse pas de dire qu'il a l'intention de réduire les structures gouvernementales et d'offrir de meilleurs services publics aux Québécois. Ces réformes toucheraient les secteurs d'éducation (primaire et secondaire, par le biais de l'abolition des commissions scolaires) ainsi que le système de santé. Ces idées ne sont pas mauvaises à première vue mais un nouveau parti peut-il réellement couper dans le financement de services publics, tout en augmentant leur efficacité? Ce qui amène à la question de la faisabilité de ces réformes dans un mandat de 4 ans. Rappelez-vous de la réforme du système de santé du parti Libéral en 2003 avec Philippe Couillard. Le programme du parti Libéral lors de la campagne électoral tournait autour de cette réforme, et même si les effets dans les hôpitaux se sont fait sentir, ce ne fut que des années plus tard; même problème pour la réforme au primaire et au secondaire. Maintenant que la transition est terminée, on pense déjà à un nouveau système.

Les idées de François Legault sont à mon avis, de belles idées, mais infaisables à court terme. Il est optimal pour le Québec de réduire la taille de ses structures gouvernementales qui alourdissent le coût de chacun des services publics. Il est à mon avis impertinent de présenter un programme qui dit vouloir rendre les choses plus efficaces, et en payant moins. C'est comme dire qu'on veut se faire élire pour faire le bien et non le mal.

Si on veut un meilleur Québec, il faut à mon avis un gouvernement fonctionnel, et j'entends par cela, un gouvernement qui n'a pas peur d'agir pour le bien des Québécois aujourd'hui et demain. Que ce soit par l'augmentation ou la réduction de la taille de l'état, il faut à tout prix éliminer les structures inutiles qui alourdissent les budgets. Il faut également que l'électorat québécois soit instruit économiquement, i.e. qu'il doit savoir qu'augmenter des services publics, ça lui coûte plus d'argent, et donc qu'il renonce à sa piscine creusée ou à son IPad. Une idée lancée par l'économiste Ianik Marcil (Bande d'illettrés (économiques)) la semaine dernière, qui voudrait accorder une place à l'économie au secondaire est primordiale; les québécois ont besoin de connaître les bases d'une contrainte budgétaire sociale.

Sur ce, j'espère en avoir instruit, et je vous reviendrai dès que possible sur d'autres enjeux d'économie publique!

Liens donnés plus haut:

http://coalitionavenirquebec.org/

https://twitter.com/#!/Matt_Laberge

https://twitter.com/#!/francoislegault

http://voir.ca/ianik-marcil/2012/02/12/bande-dillettres-economiques/

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