lundi 3 juin 2013

Pourquoi porter un casque à vélo?

Un article parut le 16 mai dernier dans La Presse commentait une étude sur l'impact des lois sur le port obligatoire du casque de vélo. L'étude en question conclue que de telles lois n'ont pas d'impact sur le nombre d'accidents à la tête.  Les études d'impact sur la santé ne sont jamais parfaites, voire parfois erronées.  Je soulève aujourd'hui les faiblesses de conclusions comme celle de l'étude parce que je trouve qu'une mise en contexte s'impose.   Parce qu'on sait tous que rouler avec un casque, c'est plus sécuritaire que rouler sans, un nombre d'accidents relativement non-réduits ne veut pas dire que des lois ne fonctionnent pas.  Et voici pourquoi.

Le comportement induit par le port du casque

Si tu roules sans casque, tu es plus prudent. Si tu roules avec un casque, tu fais moins attention.

Un environnement dangereux est un déterminant d'un accident de vélo, et donc d'une blessure. Le comportement du cycliste est un autre facteurs qui joue dans la balance, et fort probablement qu'il y pèse beaucoup.  À Montréal, où le port est facultatif (s'il est obligatoire, on peut se dire que la loi n'est pas trop mise en application...), et supposons que tous les cyclistes roulent dans un environnement au même niveau de danger, les gens qui ont le plus d'accidents, sont ceux qui prennent le plus de risques.  Et les "aimants" du risque, ceux qui ont la conduite la plus dangereuse, ont probablement tendance à porter le casque moins souvent, ça fait partie de leur personnalité.  Les plus peureux, vont rouler plus prudemment et porter le casque. Il ne faut pas oublier les cyclistes qui savent être perdus sur la route, et qui porte le casque par peur de leur propre conduite.

En oubliant cette dernière catégorie, qui porte le casque de toute manière, le nombre d'accidents dans la population des "non-porteux" de casque est donc probablement plus élevée.

L'effet rassurant d'un casque

Les bienfaits du casque sont connus pour la sécurité, on a moins de risque de se blesser.  En obligeant le port du casque et dans le monde idéal où tous les cyclistes respectent cette réglementation, ceux qui n'en portaient pas, et donc, ceux qui aimaient plus le risque que la moyenne, se sentent maintenant en sécurité.  Ils auront probablement tendance à prendre plus de risques, et d'ainsi augmenter leur chance d'avoir un accident.  C'est à mon avis l'explication des conclusions de l'étude publicisée dans La Presse.  La mise en place d'une loi qui oblige le port du casque a des effets indésirables, du moins à court terme.

La période de transition pour changer les mentalités

En laissant quelques années de transition, le comportement naturel des cyclistes revient.  L'effet rassurant d'ajouter un casque à sa promenade se dissipera, du moins en partie. C'est à ce moment-là qu'on pourra constater si la réglementation fonctionne.

Les enfants maintenant devenus adultes qui ont porté leur casque toute leur vie, ne verront pas dans le casque une opportunité de prendre plus de risque.  C'est ainsi que la population soumise à la réglementation aura la même distribution de cyclistes avec conduite risquée, qu'elle ne l'avait dans le temps où le port du casque était facultatif.  Avec une proportion similaire, on devrait observer la même fréquence d'accidents qu'avant, sauf qu'aujourd'hui, les accidents blesseraient moins.  


Je pense donc qu'en théorie, l'obligation du port du casque n'a sans surprise aucun impact à court terme, mais c'est sur le long terme que l'effet est désiré.  L'analyse qui devrait être faite compare deux populations: une qui est soumise à la réglementation depuis la naissance, et une autre où aucune réglementation n'existe.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire